freeThinking, laboratoire d'étude et de conseil dédié à la compréhension et au management du consommateur 2.0

Web 2.0 et recherche consommateur: faire du vieux avec du neuf.

Redonner au consommateur, nous redonner le luxe de profiter de choses infiniment précieuses à l’investigation sociologique : c’est aussi ce que les nouvelles technologies nous permettent.  

Temps vrai vs temps réel.

Le temps par exemple, qu’il devient possible de donner aux interviewés ou plutôt aux conversants. Pour exprimer leurs idées. Développer leur pensée. Se répondre en réseau comme ils le souhaitent. Redonner du temps vrai par opposition au temps réel, cette instantanéité illusoire qui est si loin du temps humain. Il fallait les nouvelles technologies pour retrouver le luxe, dans l’investigation sociologique, de se permettre des phases « terrain » de quinze jours. Des phases terrain suffisamment longues pour que « l’esprit d’escalier » disparaisse enfin, pour que chacune, chacun puisse être intelligent à son rythme.

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Vive l’écrit.

Ces choses infiniment précieuses que le web 2.0 permet de redécouvrir à l’investigation sociologique, c’est aussi l’écrit. L’écrit, dont certains prédisaient la fin, et qui redevient au contraire un moyen d’expression irremplaçable pour celui qui a vraiment quelque chose à exprimer, que cela soit dans le langage de la rue ou celui appris dans les livres. Et qui va pouvoir discourir, argumenter, témoigner, convaincre, comme ceux à qui cela est donné tous les jours, dans les media ou leur activité professionnelle. Reconquérant ainsi un pouvoir d’expression sans équivalent depuis… Les cahiers de doléance de la Révolution ?

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La solitude, heureusement que ça existe.

Infiniment précieuse encore, la quiétude de la solitude, qui associée à la protection de l’écran met le « conversant » en condition d’oublier le « pire » de l’autre – son regard, la pression qu’il fait peser, qu’il veuille ou non, sur sa parole – pour n’en garder que le « meilleur » – l’émulation de sa parole, la dynamique du collectif, le partage de l’expérience, tout ce qui permet à l’individu de ne pas se sentir observé ou interviewé, mais de se laisser aller à l’exintimité – un mot que nous avons inventé pour décrire ce processus d’exhibition de l’intimité qui n’est pas le moins du monde gratuit, sur nos blogs, mais constitue un moyen pour chacun d’explorer les recoins de sa vie, de ses désirs, de ses frustrations d’habitude négligés.

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Liberté, liberté chérie.

Et puis enfin, et puis surtout, ce qui est précieux et que nous pouvons redonner au consommateur, grâce au web, c’est la liberté. La liberté de parole, bien sûr. Celle d’aller et de venir sur la Toile, dans la conversation, au gré de ses envies, de ses coups de gueule, comme on veut, quand on veut.

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C’est dans tous ces sens différents que le web 2.0 permet de faire du vieux avec du neuf – du « bon vieux », du vieux collaboratif, convivial comme jamais, du vieux qui fait mieux avancer – avec du neuf – du neuf modeste, qui ne prétend surtout pas changer tout ce qu’il y a dans la vie  et dans la tête de ceux qui l’utilisent. Simplement le libérer.

Regard anthropologique sur la crise actuelle…

Un regard anthropologique sur la crise actuelle… Caméra au poing et changement de focale

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Par Dominique Desjeux

Anthropologue, professeur à la Sorbonne (Université Paris Descartes, Paris 5), Directeur de la Formation Doctorale Professionnelle Responsable d’études, Consultant international pour des entreprises, des ONG et des administrations. www.argonautes.fr

Depuis la crise des subprimes de juillet/aout 2007, suivie par la crise financière de septembre 2008, nous sommes rentrés dans une période de forte incertitude. Cela se traduit par du flou, de l’instable et des déplacements de questions ou d’interprétations.

J’ai donc cherché à me créer des cadres d’observation pour mieux comprendre la crise afin de mieux saisir les risques, les contraintes et les opportunités pour l’action, et en évitant, si possible, toute approche idéologique c’est-à-dire qui prend un seul point de vue, celui des dominés, des entrepreneurs, de l’Etat, du marché, du risque, de la justice, etc.

Pour ce faire je cherche à partir de la réalité et de l’observation, à repérer l’ambivalence des phénomènes, positifs et négatifs, à décrire leur diversité en fonction des échelles d’observation, et à éviter d’attribuer à une cause première ou unique la source des problèmes ou des solutions. Je cherche plutôt à repérer des acteurs concrets et des effets de systèmes entre actions et décisions. C’est ce que l’on appelle souvent une approche inductive qui cherche à explorer et à être pragmatique.

Je vais donc proposer une lecture anthropologique des trois grandes incertitudes qui pèsent sur nos sociétés aujourd’hui sans prétendre être exhaustif, global ou cohérent. Je suis très prudent sur les démonstrations avec une trop forte cohérence, une trop forte logique, car le parano est cohérent. L’approche paranoïaque est à la base des théories conspiratoires du pouvoir dont une des pratiques est d’attribuer à une cause unique la source des problèmes (ou des solutions). L’autre pratique consiste à partir d’un fait vrai et construire autour une vision cohérente, mais délirante, du lien de cause à effet entre une intention et un malheur. Le signe qu’une approche est délirante est justement quand il n’y a pas de faille. C’est l’étude de la sorcellerie en Afrique, qui m’a appris que les théories conspiratoires du pouvoir, comme explication dans l’imaginaire des malheurs du quotidien, étaient universelles. L’explication par la conspiration est un moyen de donner du sens aux angoisses qui naissent des situations d’incertitude. En ce sens elles ont une utilité sociale mais elles portent en elle des dérives politiques autoritaires, voire totalitaires religieuse ou idéologique.

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Il est temps d’agir si vous ne voulez pas subir (Constructeurs européens) – Juin 2008 /

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Les grands constructeurs automobiles européens jugés par les consommateurs français, italiens, allemands sur leur comportement en matière de responsabilité sociale et environnementale.

Une investigation menée par FreeThinking, laboratoire de conseil et d’étude // Publicis Groupe - Synthèse du 4 juin 2008

Ces dernières semaines, l’escalade des cours du pétrole a fait couler beaucoup d’encre sur la nécessité de toute l’industrie automobile d’accélérer sa mutation. Experts en tous genres, analystes, professionnels de l’automobile, tous se sont exprimés et ont largement débattu sur le sujet de l’évolution de la demande et son impact sur la segmentation du marché et sur la croissance des marchés, à coût de statistiques, prévisions, notes tendancielles.

Mais derrière les statistiques, qu’en est-il de la réalité vécue par le consommateur et de son impact sur l’évolution de la demande cette fois-ci calculée non pas à coup de chiffres mais à coup de sentiments, de témoignages, bref à coup de vécu.

Ce consommateur qui assiste au spectacle des « révélations » à répétition sur les derniers chiffres du prix du pétrole. Qui assiste au débat réactivé, avec force et dans une urgence dramatique, sur la question de la pénurie grandissante des ressources, de la sauvegarde de notre planète et de la responsabilité sociale et environnementale de l’ensemble des acteurs.

Ce consommateur, qu’il soit français, allemand ou italien, nous avons souhaité lui donner la parole, pour lui permettre de s’exprimer librement et de discuter avec ses « pairs » sur l’image qu’il a aujourd’hui des grands constructeurs automobiles européens en matière de responsabilité sociale et environnementale.

« Ils ont fait leur temps » nous lancent-ils tous, toutes nationalités confondues.

Derrière cette question de la responsabilité sociale et environnementale des grands constructeurs automobiles, se mettre à l’écoute des conversations entre consommateurs en France, en Italie et en Allemagne, c’est découvrir des consommateurs qui jugent très sévèrement, coups de gueule et hypothèses de complot à l’appui, toute une industrie. Et somment cette industrie de changer sous peine de disparaître. C’est aussi découvrir le fort décalage qui existe donc entre des constructeurs qui « pensent faire bien / assez bien » aujourd’hui en termes de prises de parole auprès des consommateurs.

« Il est temps d’agir si vous ne voulez pas subir », telle est la feuille de route donnée par les consommateurs aux constructeurs automobiles d’Europe.

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Terra Incognita – Avril 2007 (Elections) /

Se mettre à l’écoute des Français indécis, à trois jours du premier tour, c’est comprendre leur désespoir face à une recherche définitivement perdue de repères dans un monde politique sans boussole.

Une étude de FreeThinking sur la campagne présidentielle et l’opinion de la France indécise – Note de synthèse // 20 / 04 / 07

« Rien ne sort de tout ce bourbier, et franchement devant l’isoloir, je me sentirai bien malheureux » Electeur salarié du privé

« Aucun candidat n’ouvre cette porte qui me fait envisager un avenir. »Electeur CSP+

« Et si la bande des indécis était composée de gens intelligents incapables de faire un choix sur la « forme », en attente de « fond » pour que le mécanisme du choix puisse se mettre en action » Electeur Retraité

Un mois plus tôt, FreeThinking, laboratoire d’investigation et de conseil du groupe Publicis dédié à la compréhension du consommateur-citoyen 2.0, s’était intéressé à la perception des indécis des classes moyennes sur la campagne présidentielle et ses quatre principaux acteurs à l’issue de la 1ère étape des élections – interrogeant pour ce faire 250 Français des classes moyennes sur son blog communautaire. Les résultats en étaient clairs et éclairants, montrant à la fois la difficulté de beaucoup d’entre eux à se forger une opinion, les difficultés de Ségolène Royal à convaincre – démentant des sondages alors flatteurs pour elle – ainsi que son association involontaire à Nicolas Sarkozy, et enfin la montée très nette de l’intérêt pour François Bayrou dans l’esprit des Français, anticipant de près de deux semaines son décollage dans les sondages.

Qu’en est-il maintenant à quelques jours du vote ? Comment les Français indécis ont-ils évolué durant les deux dernières semaines de campagne ? C’est la question que s’est posé FreeThinking, en reprenant cette investigation qualitative on line et en mobilisant, comme lors du premier « round » de recherche, 250 électeurs indécis (sélectionnés parmi ceux nous ayant déclaré début avril qu’ils n’avaient pas encore choisi ou qu’ils penchaient pour un candidat mais pouvaient encore changer d’avis) des classes moyennes et supérieures pendant deux semaines, du 6 au 20 avril. Afin de mieux entendre ce que les Français ont à dire, et de mieux comprendre la dynamique de leur décision, tant il est vrai qu’ils sont maintenant conscients de leur responsabilité historique et du risque de se tromper que représente plus que jamais le choix d’un président de la Vème République.

Cinq idées clés émergent de l’étude des blogs - Ces cinq idées clés s’articulent autour d’un constat brutal, partagé par tous les blogueurs ou presque, quel que soit leur âge ou leur sexe ; il y a un mois (cf. nos 1ers blogs), les Français indécis attendaient les programmes ; à ce jour, le débat n’a pas avancé à leurs yeux. Il s’est même dégradé depuis un mois et sur les 15 derniers jours : ce qui semble animer plus que jamais chaque candidat à leurs yeux, c’est une aventure personnelle, où la France passe à l’arrière plan. On est entré – disent certains – à l’annonce récente des alliances, « dans la phase des manigances. On n’y voit qu’un intérêt personnel et la population est encore laissée pour compte. »Retraité

Ces cinq idées clés, extraordinairement cohérentes dans leur dynamique, sont suffisamment claires et dramatiques pour donner son sens au titre de cette analyse et expliquer à la fois le pourcentage d’indécis encore très élevé que les sondages constatent ; pourcentage qui dans la réalité pourrait bien être plus important au regard de nos électeurs interrogés (37% d’après le dernier sondage BVA du 19 avril), la résistance de François Bayrou (dont l’opinion sur ce candidat a néanmoins évolué sur les dernières semaines), que les autres « grands » candidats voyaient pourtant chuter il y a plus de trois semaines (à la une du Monde du 1er avril : UMP et PS croient fini le « moment Bayrou »). C’est bien au cœur d’ une Terra Incognita de la politique que les électeurs semblent s’aventurer – à leur corps défendant -  à la lecture de ces blogs. Une Terra Incognita où tous leurs repères sont brouillés et où tout ou presque semble possible, encore plus sur ces dernières semaines.

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