Une étude de Publicis Consultants menée auprès de 120 Français des classes moyennes sur la plateforme collaborative FreeThinking.
Le climat lourd dans lequel la France vit actuellement, et la succession de sondages, d’enquêtes, d’articles de presse sur un pessimisme « à la française» dressent le portrait de Français fatalistes, désabusés, sans ressort face à l’avenir, dépressifs. Mais « Eux» , au-delà des chiffres et des photographies qui sont prises d’eux et qui donnent toujours une image qui, même si elle n’est pas inexacte, est celle d’une « France vue d’en haut» , comment se vivent-ils? Quels sont leurs mots, leurs réflexions, leurs urgences et leurs espérances?
Pour en savoir plus, nous avons mené une étude qualitative online d’un genre nouveau, en rassemblant 120 Français des classes moyennes sur notre plateforme collaborative fermée FreeThinking, d’abord du 31 décembre 2010 au 9 janvier 2011, puis du 19 au 29 janvier 2011. Pour échanger avec eux sur leur vision de la société française, leurs principales préoccupations et aspirations, leur regard et leurs pronostics sur les échéances politiques à venir, et enfin leur point de vue sur la place et le rôle de l’entreprise dans la France d’aujourd’hui.
En voici une synthèse… (Retrouvez également l’intégralité de l’étude en cliquant sur ce lien)
Derrière l’arbre du pouvoir d’achat, la forêt d’une société brutale
Pour les Français que nous avons invités à parler, c’est de loin le pouvoir d’achat qui s’impose comme préoccupation majeure, cité en premier choix à 54%, intimement associé au chômage, bien sûr, mais surtout à la montée de la violence et des inégalités. Avec cette idée force que « tout est lié» – comme si pour eux une société qui a du mal à offrir un revenu décent à la masse de ses classes moyennes et une équité de traitement minimale entre ses membres devenait forcément violente.
La violence physique banalisée ressort de façon forte. Mais c’est aussi et avant tout la violence globale d’une société à la fois brutale et brutalisée par les élites qui est le véritable scandale à leurs yeux. Une société qui devient toujours plus injuste, plus dure aux faibles bien sûr mais aussi plus dure pour ceux qui comme eux s’assument, sont responsables, travaillent, ne demandent pas d’assistance. Une société dans laquelle les plus nantis ont perdu le sens des autres, des « Français moyens» qui vivent pourtant à leurs côtés. Une société moins humaine, qui subirait l’imposition de plus en plus claire d’un modèle dont ils ne veulent pas. La question du rapport des élites au peuple en apparence « discrète» dans les préoccupations citées prend un tour particulièrement acéré.
La fascination du pire
Deuxième enseignement, logique au vu de ces préoccupations, et donnant un éclairage singulier aux sondages et enquêtes récemment sortis sur le pessimisme des Français: cette France a peur.
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