
Ils forment le coeur de la société française, ceux sans qui rien n’est possible, ceux sur qui la nation compte pour produire et consommer, ceux dont le vote fait la différence. Ceux aussi qui supportent, dans tous les sens du terme, notre modèle social.
Ce sont les classes moyennes. Ces Français qui sont scrutés à longueur de sondages parce que leurs avis sont déterminants dans la formation de l’opinion mais que finalement on connaît peu.
Que ressentent-ils vraiment? Comment vivent-ils avec un pouvoir d’achat en berne? Se sentent-ils dans une société bloquée ou craignent-ils les réformes que l’on nous annonce ? Est-ce qu’ils paniquent devant la crise ou gardent-ils encore pour l’instant la tête froide? L’ambition de ce livre est de répondre à ces questions. Et surtout de faire entendre leurs réponses, à eux.
Pour la première fois, un livre donne effectivement la parole aux classes moyennes. Il retrace deux années de conversations avec quelque 600 personnes rassemblées sur les blogs fermés du laboratoire de recherche et de conseil FreeThinking. Conçus au départ pour étudier leurs comportements de consommateurs, ces blogs sont apparus comme un formidable outil d’investigation sociologique. Ils permettent de découvrir ce que l’on entend rarement, de s’approcher toujours plus prêt de la réalité des gens sans que des questions viennent détourner leur pensée ou orienter leurs réponses dans un sens souhaité.
Cette démarche a permis d’écouter ces Français, d’entendre ce qu’ils ont a dire sur la crise, sur notre modèle de société et sur leur perception de l’avenir. Elle a permis de comprendre, à l’aide de la parole humaine, ce que les chiffres nous disent à longueur de sondages et de données statistiques.
Leur parole est libre. Parfois leurs mots peuvent être violents mais il faut les entendre parce qu’ils nous disent ce qu’ils ressentent vraiment. Ces hommes et ces femmes qui ont participé à ces conversations sont lucides sur la France d’aujourd’hui mais ils sont aussi lucides sur leur avenir et sur les efforts à fournir.
C’est l’aventure d’une plongée au coeur des classes moyennes qui ont les nerfs. Mais qui se révèlent aussi, malgré la crise et les difficultés, avoir les nerfs solides, et demeurent une extraordinaire chance pour la France et ceux qui veulent la faire avancer.
Ils veulent remettre en marche le pays et accélérer sa transformation. C’est un message simple que les classes moyennes veulent finalement faire passer aux élites et aux institutions, qu’il s’agisse des médias, des politiques ou des entreprises, et auquel ce livre dit servir de vecteur.
« Je gagne 1.800 euros par mois (prof dans le 93) et je ne m’en sors pas (…) Je n’ai entendu aucun candidat parler des gens comme mois : ni pauvres, ni riches, mais qui s’appauvrissent. Impossible de s’élever de sa condition en France. A gauche, ils s’occupent des gens qui n’ont rien et c’est tout à leur honneur, mais j’en ai marre de galérer avec un salaire comme le mien.»
« La misère, ce n’est pas forcément aller aux Restos du Coeur, c’est aussi de ne pas arriver à boucler ses fins de mois sans avoir fait aucun extra, aucune sortie alors que l’on travaille.»
« Ce qui me préoccupe, c’est l’avenir: le pouvoir d’achat, les retraites (existeront-elles encore dans quarante ans?), le chômage pour ma fille plus tard (…) Je n’aurai pas d’autre enfant car pour en faire de futurs « Tanguy» qui n’arrivent pas à se loger, se nourrir… Si c’est pour faire des enfants et qu’ils n’aient pas d’avenir, à qui ça sert?»
« Des réformes, il en faut… Mais pas à n’importe prix, pas au détriment de l’homme… et des valeurs qui ont construit notre pays… Notre pays n’est pas à l’agonie comme on voudrait nous le faire croire, mais une gestion sérieuse doit être engagée, encore faut-il que tout le monde en soit convaincu.»
« Arrêtons de toujours trouver des excuses à tous et à tout. La responsabilité de ses actes, voilà ce qui sauvera notre société. Que chacun se prenne un peu en main! Arrêtons de se dire c’est l’autre qui.»










Ouvrage particulièrement intéressant qui montre la justesse et la finesse de la perception des Français qui composent les classes dites moyennes.
L’étude absolument remarquable de ces classes moyennes au travers de leurs analyses et de leurs perceptions montre que si elles ont effectivement « les nerfs» face aux difficultés qu’elles s’efforcent de surmonter, elles ont aussi les nerfs solides et demeurent une extraordinaire chance pour la France et tous ceux qui, comme moi, veulent la faire avancer.
Cette France, ce sont les quelques 20 millions de Français -soit un bon tiers de la population totale – qu’évoque avec pertinence Louis Chauvel dans son ouvrage intitulé Les Classes moyennes à la dérive (Seuil, 2006).
Cette France, c’est vous et moi, nous tous, les oeuvres vives d’une nation prête à tout, mais certainement pas à continuer à laisser le navire aux mains d’un commandement composés d’acteurs inaudibles dont l’unique objectif est le dur désir de durer politiquement.
Merci de votre commentaire qui en appelle un autre, sous forme de question de plus en plus pressante : jusqu’à quand auront-elles les Nerfs Solides, ces classes moyennes ? Et jusqu’à quand demeureront-elles une chance pour la France ? Comme le dit le proverbe : à trop tirer sur la corde, à la fin elle se casse. Et si cette corde-là casse, c’est tout le corps social qui aura du mal à retrouver le fil…
[...] référence à l’ouvrage que nous venons de publier, Les nerfs solides, paroles à vifs de la France moyenne, l’article résume ce portrait vivant et sans détour d’une France moyenne oscillant [...]
[...] est né en Seine-Saint-Denis, il est directeur général associé de Three Thinking et il a publié ce livre l’an [...]