Merci à Christian Blachas qui, dans son édito du 2 mars 2009 (CB News), mentionne très gentillement notre ouvrage « Les nerfs solides»
« La vraie richesse de l’homme, c’est sa réputation. » Je ne sais plus qui a dit ça, mais je suis assez d’accord avec cet aphorisme. Le problème c’est que, dans notre société obsédée par la médiatisation, toute tentative de défendre sa réputation – et donc son image – est assimilable à de la mégalomanie. Ce qui est totalement faux et injuste. Ce n’est pas parce qu’on défend son honneur, son intégrité, son bilan qu’on est forcément nombriliste, mégalo, égocentrique. Un minimum de rigueur morale n’est pas incompatible avec la médiatisation.
Mais le problème devient encore plus compliqué quand il s’agit d’une entreprise. Car, en ce moment, elle en prend plein la gueule, l’entreprise. L’entreprise qui licencie et qui délocalise pour maintenir ses profits. L’entreprise qui a grugé ses clients en les entraînant sur des placements complètement vérolés. Je pense naturellement aux banques dont les agissements sont proprement scandaleux. L’entreprise qui pollue et qui engrange des profits records. L’entreprise qui n’en a plus rien à foutre de son devoir civique et citoyen. L’entreprise qui a été incapable de prévoir les tsunamis économiques et financiers, et qui a continué à produire comme si de rien n’était. L’entreprise qui se pare d’une vertu écologique en s’adonnant au greenwashing et qui ne se rend pas compte qu’elle n’est plus du tout crédible aux yeux du consommateur. L’entreprise qui, tout simplement, est en train d’éradiquer la notion de confiance. Alors oui, je sais, elle n’est pas la seule responsable. Les pouvoirs politiques – quels qu’ils soient – sont encore plus coupables d’avoir laissé pourrir la situation et perpétrer les agissements de certaines (encore une fois, je pense aux banques). Il n’empêche. L’entreprise, en sous-estimant l’ampleur de la crise et l’attitude du citoyenconsommateur, est aujourd’hui confrontée à une grave crise de confiance. Et son image, sa réputation sont largement dégradées. Car les Français ont considérablement changé en quelques années. En tout cas, beaucoup plus rapidement que nos élites.
À ce sujet, je vous invite à dévorer un petit livre paru dernièrement – sa lecture est très rapide – intitulé « les Nerfs solides ». Il a été écrit par Véronique Langlois et Xavier Charpentier et nous dresse un portrait – parfois accablant – de ce qu’est aujourd’hui la classe moyenne française. Vous pourrez constater à quel point nos concitoyens sont très loin de la classe dirigeante, sont très loin de l’entreprise, sont très loin du dogme qui les berce depuis des décennies. Instructif pour ceux qui sont encore animés par la curiosité.
CB News 02/03/2009 – Christian Blachas









