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Les classes moyennes et la hausse des salaires en Guadeloupe

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Article extrait du blog de Thierry Maillet . Consultant, il assure des séminaires d’enseignement doctoral en France (CERAM Nice) et de niveau master à Paris (Université Paris-Dauphine). Il est l’auteur de « La Génération Participation: de la société de consommation à la société de participation»  . Depuis près de 10 ans, il étudie l’interaction entre consommation et citoyenneté et l’émergence d’une société de la participation, évolution probable des mondes de la consommation et de la citoyenneté.

 

Jacques Attali estime à juste titre que la crise économique américaine provient d’une baisse du revenu disponible des classes moyennes.

»  Cette première crise financière de la mondialisation s’explique très largement par l’incapacité de la société américaine à fournir des salaires décents aux classes moyennes ; elle les pousse alors à s’endetter pour financer l’achat de leur logement, entraînant une croissance de la valeur des patrimoines et de la production.» 

Le constat de Jacques Attali est juste et il vaut pour la France dont ses DOM-TOM. Remercions les guadeloupéens de faire le sale boulot à notre place car leurs revendications (révolte diront certains) nous seront très profitables.

couvnerfssolidessmall1Deux auteurs dirigeants d’une entreprise de conseil, Véronique Langlois et Xavier Charpentier ont publié un récent ouvrage sur les difficultés des classes moyennes. J’ai la chance de connaître Xavier et d’échanger avec lui depuis un moment et son constat est juste : seule une revalorisation des revenus de la classe moyenne permettra d’assurer la relance économique. Remercions donc les guadeloupéens d’avoir imposé un méchant rapport de forces (un mois de blocus et un mort) pour faire comprendre au gouvernement français et au-delà je suppose à ses homologues européens cette nécessité impérieuse : la hausse des bas et moyens salaires.

C’est une mécanique bien plus intéressante que les contorsions présidentielles  et cette stratégie d’offres ciblées qui complique la lisibilité du discours. Comment justifier la baisse du nombre de fonctionnaires si les mesures prises par le gouvernement ne fait que leur ajouter des tâches supplémentaires : impôt sur le revenu, allocations familiales, chômage partiel, revenus minimum pour les jeunes, prime exceptionnelle pour les plus défavorisés. Autant de dispositions qui requièrent des femmes et des hommes pour les appliquer et qui vont à l’inverse de la prétention de réduire le nombre de fonctionnaires !

A l’inverse une simple hausse des salaires (elle fut de 35% après mai 68 avec une inflation de 15%) elle devrait être de 10 à 20% aujourd’hui pour relancer la machine. Sinon à quoi cela sert de prêter/donner de l’argent aux constructeurs automobiles si les français n’ont toujours pas les moyens d’acheter des véhicules dans les trois à six mois. Il est largement préférable d’injecter cet argent dans le circuit normal de l’économie plutôt qu’assister les constructeurs.

Quel rapport avec le marketing me direz-vous ? Il est essentiel puisque paradoxalement le monde ne semble pas souffrir d’un manque de liquidités comme le montre le succès de la levée de fonds du Livret A par les banques mais bien de leur emploi : les français épargnent plus qu’ils ne consomment.

« La collecte nette du Livret A a atteint 18,7 milliards d’euros en 2008, niveau historique près de trois fois supérieur à l’ancien record, portant l’encours à 139,2 milliards d’euros fin décembre, selon les chiffres publiés jeudi par la Banque de France. Selon les chiffres disponibles de la Banque de France, l’ancien record était de 7,05 milliards d’euros et remontait à 1995″.

Le rôle du marketing est bien de trouver les voies qui permettront de retrouver le chemin de l’envie et le lien avec le contexte politique est ici capital. D’où la nécessité pour les hommes d’entreprise de comprendre l’intensité de ce lien permanent entre consommation et citoyenneté.

Regard anthropologique sur la crise actuelle…

Un regard anthropologique sur la crise actuelle… Caméra au poing et changement de focale

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Par Dominique Desjeux

Anthropologue, professeur à la Sorbonne (Université Paris Descartes, Paris 5), Directeur de la Formation Doctorale Professionnelle Responsable d’études, Consultant international pour des entreprises, des ONG et des administrations. www.argonautes.fr

Depuis la crise des subprimes de juillet/aout 2007, suivie par la crise financière de septembre 2008, nous sommes rentrés dans une période de forte incertitude. Cela se traduit par du flou, de l’instable et des déplacements de questions ou d’interprétations.

J’ai donc cherché à me créer des cadres d’observation pour mieux comprendre la crise afin de mieux saisir les risques, les contraintes et les opportunités pour l’action, et en évitant, si possible, toute approche idéologique c’est-à-dire qui prend un seul point de vue, celui des dominés, des entrepreneurs, de l’Etat, du marché, du risque, de la justice, etc.

Pour ce faire je cherche à partir de la réalité et de l’observation, à repérer l’ambivalence des phénomènes, positifs et négatifs, à décrire leur diversité en fonction des échelles d’observation, et à éviter d’attribuer à une cause première ou unique la source des problèmes ou des solutions. Je cherche plutôt à repérer des acteurs concrets et des effets de systèmes entre actions et décisions. C’est ce que l’on appelle souvent une approche inductive qui cherche à explorer et à être pragmatique.

Je vais donc proposer une lecture anthropologique des trois grandes incertitudes qui pèsent sur nos sociétés aujourd’hui sans prétendre être exhaustif, global ou cohérent. Je suis très prudent sur les démonstrations avec une trop forte cohérence, une trop forte logique, car le parano est cohérent. L’approche paranoïaque est à la base des théories conspiratoires du pouvoir dont une des pratiques est d’attribuer à une cause unique la source des problèmes (ou des solutions). L’autre pratique consiste à partir d’un fait vrai et construire autour une vision cohérente, mais délirante, du lien de cause à effet entre une intention et un malheur. Le signe qu’une approche est délirante est justement quand il n’y a pas de faille. C’est l’étude de la sorcellerie en Afrique, qui m’a appris que les théories conspiratoires du pouvoir, comme explication dans l’imaginaire des malheurs du quotidien, étaient universelles. L’explication par la conspiration est un moyen de donner du sens aux angoisses qui naissent des situations d’incertitude. En ce sens elles ont une utilité sociale mais elles portent en elle des dérives politiques autoritaires, voire totalitaires religieuse ou idéologique.

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