Faire de la liberté de parole la nouvelle frontière de l’investigation sociologique. 

C’est à un nouveau paradigme que nous avons voulu apporter une réponse, quand nous avons imaginé FreeThinking et le modèle d’investigation qui est le nôtre. Ce nouveau paradigme, c’est la révolution des conversations. Qui est bien une révolution sociologique.

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Il est fini, le bon vieux temps où l’on parlait à son voisin, où l’on dialoguait avec son fils, où l’on écoutait son chef, où l’on conversait avec quelques amis dans un salon, mais où l’opinion se faisait largement sous l’influence des élites. Aujourd’hui, on continue à parler à son voisin, à dialoguer avec son fils, à écouter son chef… Mais on converse avec des milliers de gens depuis son canapé, et plus seulement avec quelques happy few rompus à l’art de la conversation.

toile1On converse de rien, de tout, de tous les sujets qui donnent envie d’entrer en conversation les uns avec les autres, pour faire et défaire les réputations, pour initier les débats, pour faire pression, pour se forger son opinion tout simplement. C’est une liberté de parole totalement inédite qui est donnée aux consommateurs, aux citoyens, en fait à tous, en particulier dans les sociétés développées et riches comme la société française, sous l’effet de l’essor des nouvelles technologies et en particulier du web 2.0.

Cette liberté de parole et d’échange sonne le glas du monopole des idées et de la production de sens. Mort et enterré, le modèle de l’autorité ascendante de nos grands-parents tout comme celui de l’autorité ascendante des éternels adolescents de Mai 68. Non seulement les élites ne font plus l’opinion. Mais M. Toutlemonde est l’opinion.

Mais au-delà de donner naissance à un nouveau modèle de formation de l’opinion, le web 2.0 nous offre une formidable opportunité – celle de définir une nouvelle frontière de l’investigation sociologique -.

Parce qu’il nous offre des possibilités démultipliées de mieux écouter et surtout de mieux entendre, au sens le plus fort du terme, nos contemporains. En mettant à notre disposition de nouveaux outils. Surtout, en mettant à notre disposition les outils mêmes que tant de ces consommateurs 2.0 ont déjà appris à utiliser, dans leur vie de tous les jours, dans leurs actes marchands ou leur démarche de citoyen, et notamment le blog participatif.

Nous avons voulu FreeThinking, précisément, comme une démarche d’investigation qualitative qui explore cette nouvelle frontière, qui essaie de la traverser pour aller toujours plus loin et s’approcher au plus près de la réalité des gens – réalité vécue, réalité perçue. Une démarche utilisant les mêmes outils qu’eux – pensée libre, écoute de ses pairs plus que des autorités, organisation communautaire – pour mieux comprendre ce qu’ils ont à nous dire et mieux travailler avec eux.

Au cœur de notre démarche, il y a donc les nouvelles technologies et ce qu’elles nous permettent: la création de blogs communautaires fermés, dédiés, modérés durant 15 jours de façon à libérer la parole et recréer virtuellement la conversation au sein de communautés constituées de 50 individus qualifiés et recrutés par mail grâce à notre partenaire Panel On The Web.

 

freethinkingblogMais il y a surtout, un esprit et une nécessité. Un esprit : faire confiance à l’intelligence collective, celle des conversants quand ils parlent entre eux – et ne pas faire mentir cette conviction que nous avions en mettant au point notre méthode d’investigation et qui ne s’est jamais démentie, depuis deux ans : ce que se disent les gens entre eux est plus sincère, plus riche, plus complexe bien sûr, mais surtout infiniment plus intéressant à décrypter que ce qu’ils nous disent à nous, représentants, que nous le voulions ou non, des institutions. Une nécessité : faire confiance à ceux que nous écoutons pour faire avancer la conversation dans le bon sens, vers ce qui sera le plus intéressant et pour eux et pour nous, quitte à les laisser redéfinir le sujet de leur point de vue plutôt que de leur imposer le nôtre. Car le sujet, in fine, c’est toujours eux.

C’est une Révolution Copernicienne que le web 2 .0 nous propose – redonner le pouvoir à ceux que l’on veut mieux connaître, renoncer à sa position dominante d’intervieweur, d’animateur, d’ordonnateur pour adopter celle, plus modeste, de déclencheur, d’aiguilleur et de décrypteur de conversation. Ces deux années de pratique et notre statut de « pure player » de l’investigation conversationnelle nous ont convaincus d’une chose : il est urgent de la mener.