MARKETING 2.0 = La question du bien commun par xavier charpentier. from Paris 2.0 = 5 jours de reseaux s on Vimeo.
Avancer avec eux pour aller plus loin
Les années 2000 marquent une révolution. Une révolution que le marketing, la communication et la recherche consommateur n’avaient peut-être jamais connue depuis leur invention. C’est qu’avec le web social, la parole est à nouveau accessible à tous. Et avec la parole, le débat, les idées. L’expression de ses sentiments mais aussi de sa pensée. Avec le web social, tout le monde a appris à parler de tout à tout le monde. Tout le temps. Et sans aucun complexe. Comme le dit Raymond Boudon : « le web expose l’internaute à une pluralité de points de vue, gêne les pratiques d’occultation et incite par son côté foisonnant à l’exercice de l’esprit critique », et en ceci « il est une bénédiction pour la démocratie ». Et une nouvelle donne pour tous ceux dont le métier est de comprendre ce que pensent les autres pour mieux communiquer avec eux. Le monopole du sens et les privilèges qui vont avec sont abolis. C’est une nouvelle nuit du 4 août que nous vivons tous les jours. La majorité silencieuse parle et agit. M. Tout-le monde a des idées, des valeurs et même des convictions. Tout a changé.
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Xavier Charpentier : 06 / 10 / 83 / 48 / 28 - Xavier.charpentier@freethinking.fr
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1. Trois façons de vivre la Crise, trois « modèles » de consommation.
Le « modèle rhénan ». Au moment où nous écrivons ces lignes, – mais les choses peuvent évoluer très vite – la crise « à l’allemande » est vécue avec une relative sérénité. Oui, les temps sont durs ; oui, le chômage partiel commence à faire rage et le chômage tout court à faire peur ; mais pas de stress réel, et pas encore de changements drastiques dans la façon de vivre et de consommer. En fait, la modération était déjà de mise avant la crise. Les Allemands des classes moyennes se sentent donc déjà prêts, en un sens, à faire face à la situation, individuellement et collectivement… Jusqu’à quand ?
Le « modèle français ». C’est la crise qui n’en finit plus, qui s’aggrave mais ne change pas fondamentalement la donne. La situation était déjà très difficile, elle le devient encore un peu plus, demain sera encore pire qu’aujourd’hui…
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Mieux, plus, autrement…
Personne ne sait exactement ce qui sortira de la récession que nous vivons. Mais tout le monde s’accorde à dire que demain sera différent d’aujourd’hui. Que les marques, les entreprises devront engager une relation différente avec leurs publics, consommateurs, salariés, citoyens. Que si elles veulent continuer à les séduire, à être écoutées d’eux et à voir leurs produits achetés, il faudra qu’elles affichent quelques valeurs simples, qui transcendent leurs valeurs identitaires et deviennent des pré-requis, des conditions de désir.
Mais ces valeurs, quelles sont-elles? Comment les définir? Comment les consommateurs eux-mêmes les définissent-ils?
En d’autres termes: qu’attendent-ils de la marque et de l’entreprise post-crise?
Cette réflexion, totalement ouverte et qui nous l’espérons générera le débat, a pour objet de tenter de répondre à ces questions et de prolonger la conversation que nous engagerons lors du SEMO, les 4 et 5 novembre au palais des Congrès – Paris Porte Maillot. (Stand E24)
Pour aller plus loin :
Retrouvez la présentation de FreeThinking faite à Paris 2.0 en cliquant sur le lien ci-dessus
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Le ciblage 2.0 et contexte de vie : retour sur la conférence Paris 2.0 du 24/09/09
L’entretien semi-directif qualitatif en sociologie présente deux biais:
- d’abord, la retranscription à l’écrit des pratiques énoncées oralement qui peut entraîner une déperdition d’information. Biais basique mais difficile à éviter totalement, dans la vie concrète des études et la pression qu’elle fait peser sur ses différents intervenants.
- ensuite, l’orientation de l’entretien par l’enquêteur, qui est plus difficile à saisir et à contourner. En effet, un sujet d’intérêt est fixé à l’avance par ce dernier et oriente nécessairement le débat, par des relances neutres mais jamais innocentes. C’est le talent et l’expertise de l’enquêteur de « neutraliser » autant que possible ses propres centres d’intérêt. Mais de là à ce que l’enquêté lui-même ose/puisse lui demander de substituer une orientation d’entretien qu’il juge plus pertinente à celle qui lui est proposée – en d’autres termes, qu’il parle de ce qui l’intéresse lui d’abord – il y a un pas qui n’est jamais franchi.
Le web 2.0 tel que nous le présente ici Xavier Charpentier est un moyen de s’affranchir de ces contraintes pratiques et méthodologiques. Pratiques parce que dès lors, il n’est plus besoin de passer des dizaines d’heures à retranscrire ce qu’a dit un enquêté, avec ce risque évident et déjà évoqué de perdre en cours de route de précieuses informations, notamment lors du passage de l’oral (vivant, et surtout fait d’intonations, de ruptures de ton, de nuances orales pas forcément faciles à retranscrire), à l’écrit, travail de médiation fait par l’enquêteur donc forcément (un peu) subjectif.
Méthodologiques parce que le temps passé à objectiver des informations obtenues lors d’un processus comportant de multiples biais est également économisé. Ecartées également, les difficultés à trouver un panel d’informateurs fiables, disponibles, n’ayant pas toujours envie de rendre des comptes à un tiers figure d’autorité intellectuelle ou d’ascendance sociale. Le web 2.0 réintroduit la notion d’autonomie. Autonomie de penser, autonomie de se penser, autonomie de témoigner. Liberté aussi. Liberté de prendre la parole sans risquer la pression sociale induite par le regard direct de l’enquêteur.
Cibler les consommateurs dans leur vie quotidienne, leur contexte de vie comme nous le rappelle Xavier Charpentier, c’est s’affranchir de ce piège de l’oral en allant puiser dans des sources d’informations déjà construites, et objectivées, à l’écrit et pour l’écrit. C’est ainsi aller plus vite sur le plan de la méthode, en économisant du temps et des moyens de recherche mais c’est aussi aller plus loin, en allant chercher à la source des discours écrits les faits tels qu’ils sont vécus et retranscrits par ceux qui les exposent.
Q.Dubernet
« La classe moyenne se sent flouée» (Cliquez pour accéder à l’article)
En référence à l’ouvrage que nous venons de publier, Les nerfs solides, paroles à vifs de la France moyenne, l’article résume ce portrait vivant et sans détour d’une France moyenne oscillant entre lassitude et volontarisme. Un portrait issu de deux années de conversations avec plus de 600 personnes rassemblées sur notre blog collaboratif FreeThinking, pour débattre ensemble et nous donner à entendre ce que l’on entend rarement. En cette période de réflexion nécessaire sur l’avenir de la société de consommation et le rôle des marques, nous nous tenons à votre disposition pour partager avec vous les résultats de nos toutes dernières investigations menées en France et aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, sur le rapport à la consommation et aux marques, et réflechir aux Défis d’Avenir que la crise nous impose – mais nous offre aussi comme de réelles opportunités.

Plus nous travaillons avec les classes moyennes françaises, plus nous nous mettons à l’écoute des conversations des femmes, notamment, qui forment le centre de gravité de notre société, plus une évidence apparaît : pour celles qui travaillent (80% des femmes en France), qui s’occupent aussi de la maison, surtout et enfin qui sont toujours en charge des courses et des repas, les 35 heures n’existent pas.
Comment pourraient-elles en effet exister réellement pour les femmes, quand ce qui nous est décrit depuis deux ans sur ce sujet ne fait qu’empirer ? C’est une réalité à la fois triste et éclairante qui nous est donnée à voir dans leurs témoignages, parfois atterrés, souvent révoltés, d’une précision et d’une acuité toujours surprenantes : en 2009, en France, une femme de classe moyenne a souvent à son corps défendant un deuxième emploi non-rémunéré qui consiste à nourrir sa famille sans faire exploser les finances familiales.
Il n’est pas ici question de comptabiliser les minutes ou plutôt les heures qu’elles passent chaque jour à gérer ce « deuxième emploi » – encore que nous pourrions leur demander de le faire… Mais plutôt d’établir un constat humain, de résumer en quelques mots la réalité de ces Françaises des classes moyennes telles qu’elles la partagent avec nous : entre le temps passé à éplucher les dépliants publicitaires de la distribution pour y trouver les promos intéressantes et imaginer les repas qui les exploitent au mieux nutritionnellement et financièrement, le temps passé à faire les courses dans plusieurs enseignes dont évidemment au moins une de hard-discount, le temps passé à choisir les produits les moins chers en linéaire, le temps passé sur le marché pour marchander le kilo de tomates en fin de journée, ou le temps passé à cultiver soi-même ses plants pour épargner un peu de cash, le temps passé à faire la cuisine et à la congeler pour la stocker, le temps passé à faire son pain pour ne plus payer sa baguette 1,50 € (et pas pour faire « bobo »…), le temps passé à faire les gâteaux au lieu de les acheter… On peut légitimement penser que les 4 heures gagnées sur le temps de travail « officiel » des femmes salariées il y a dix ans sont largement épuisées en 2009.
Comme si le temps libre gagné, parce qu’il l’a presque toujours été pour ces femmes au prix d’une stagnation de leur revenu (« avec chouchou, ça fait neuf ans qu’on n’a pas été augmenté… »), n’avait justement pas été gagné mais acheté. Avec de l’intelligence. Avec de l’énergie. Avec du temps de travail caché. Drôle de paradoxe. Enfin, drôle… Pas pour celles à qui l’on avait vendu une avancée vers « la société de loisir »…

Ils forment le coeur de la société française, ceux sans qui rien n’est possible, ceux sur qui la nation compte pour produire et consommer, ceux dont le vote fait la différence. Ceux aussi qui supportent, dans tous les sens du terme, notre modèle social.
Ce sont les classes moyennes. Ces Français qui sont scrutés à longueur de sondages parce que leurs avis sont déterminants dans la formation de l’opinion mais que finalement on connaît peu.
Que ressentent-ils vraiment? Comment vivent-ils avec un pouvoir d’achat en berne? Se sentent-ils dans une société bloquée ou craignent-ils les réformes que l’on nous annonce ? Est-ce qu’ils paniquent devant la crise ou gardent-ils encore pour l’instant la tête froide? L’ambition de ce livre est de répondre à ces questions. Et surtout de faire entendre leurs réponses, à eux.
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